Dit diabète juvénile !

Les grands mystères

<< Extrait d'un article Canadien;magazine :WEN ET AL >>

Le diabète juvénile, souvent appelé diabète de type I, est une maladie mystérieuse qui touche généralement les jeunes en bas âge et entraîne de multiples complications de santé.

Bien que les causes de cette maladie demeurent obscures, une étude récente suggère que la présence de certaines bactéries intestinales pourrait aider à prévenir l’apparition de cette forme de diabète.

Un problème d’insuline

De façon générale, le diabète peut être défini comme un surplus de sucre (glucose) dans le sang (hyperglycémie) causé par une perte de production d’insuline par le pancréas. Cette quantité anormalement élevée de glucose dans le sang provoque une excrétion massive d’eau et c’est pour cette raison que la présence d’urines abondantes ainsi qu’une soif intense sont un signe précurseur d’une hyperglycémie causée par le diabète.

Cette incapacité d’absorber efficacement le glucose a cependant des effets à long terme encore plus graves: en effet, privées de glucose, les cellules doivent se tourner vers d’autres types de substances énergétiques (les graisses et les protéines) pour subvenir à leurs besoins, ce qui entraîne l’épuisement des réserves de l’organisme et un amaigrissement marqué.

L’utilisation excessive de ces substances provoque également la production accrue de corps cétoniques, des composés qui modifient le pH sanguin et entraînent une acidose métabolique aux conséquences désastreuses entraînant la mort à brève échéance. Encore aujourd’hui, l’injection quotidienne d’insuline demeure la seule façon d’assurer la survie des personnes atteintes par la maladie
.

Une maladie auto-immune

Le diabète juvénile est ce qu’on appelle une maladie auto-immune, c’est-à-dire qu’elle est causée par un dérèglement du système immunitaire qui, au lieu de se limiter à sa fonction de prévention des agressions extérieures, attaque également certaines composantes du corps humain.

Bactéries bénéfiques

Une étude réalisée par des chercheurs américains et britanniques et récemment publiée dans la prestigieuse revue Nature illustre de façon éclatante le rôle du système immunitaire dans le développement du diabète juvénile (1).

Dans cette étude, les chercheurs ont examiné l’influence des microbes de l’environnement sur l’apparition de diabète chez des souris génétiquement prédisposées à développer la maladie. Ils ont observé que lorsque ces souris vivaient dans un environnement stérile, sans aucun microbe extérieur, elles étaient rapidement (dès 10 semaines après la naissance) affectées par le diabète. Cependant, lorsque ces mêmes souris étaient exposées à des bactéries qu’on retrouve normalement dans l’intestin, la fréquence de diabète diminuait de façon dramatique et ces animaux étaient à toutes fins utiles épargnés par la maladie.

Ces observations suggèrent donc que la présence de bactéries est nécessaire pour contrôler efficacement le système immunitaire et ainsi prévenir l’apparition d’une auto-immunité pouvant mener à l’apparition du diabète.

Ainsi, les résultats de cette étude impliquent que la consommation de sources alimentaires permettant de maintenir le bon fonctionnement de cette flore microbienne, notamment les produits laitiers tels les yogourts enrichis en probiotiques, pourrait représenter une arme insoupçonnée dans la prévention du diabète juvénile.

Dans le cas du diabète, ce mauvais fonctionnement du système immunitaire est catastrophique, car il entraîne la destruction pure et simple des cellules du pancréas impliquées dans la sécrétion d’insuline.

Les causes de cette destruction demeurent nébuleuses, mais plusieurs observations suggèrent que des modifications importantes dans notre mode de vie pourraient contribuer à ce phénomène.

En effet, la fréquence du diabète de type I a considérablement augmenté au cours des dernières décennies dans les pays industrialisés, et plusieurs chercheurs ont émis l’hypothèse que cette hausse pourrait être liée à la diminution draconienne des microbes présents dans notre environnement due à l’amélioration constante des conditions d’hygiène.

Selon cette hypothèse, en étant moins sollicité par les différents microbes, le système immunitaire n’est pas utilisé au maximum de ses capacités et compense cette «inactivité» en s’attaquant à des cellules de certains organes. On croit d’ailleurs qu’un phénomène similaire serait à l’origine d’une proportion significative d’asthme, d’allergies et autres désordres auto-immuns présentement en expansion dans les pays industrialisés
.

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site